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Psycho – Pourquoi il faut apprendre à pardonner ?
Ça psychote !
Le 24-06-2021
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La science nous répond…
Le pardon, ce processus qui consiste à abandonner nos rancunes et à changer notre regard sur la personne qui nous a blessé, a depuis longtemps, intrigué les neuroscientifiques.

En réalité, en effet, cet acte est lié à un mécanisme neuronal complexe faisant appel à la fois à nos facultés de maîtrise des émotions et d’empathie ainsi qu’ à nos capacités cognitives.



Ayant étudié le sujet depuis plus de 30 ans, le psychologue américain Robert Enright explique par exemple que pardonner n’est pas « une façon d’excuser ou d’oublier le mal fait », ni forcément une « réconciliation », vu que l’on peut « pardonner à quelqu’un en qui [on] n’a pas confiance. »

« En fait, le pardon se fait en trois temps », décrypte ainsi le scientifique, citant « la reconnaissance du mal qui vous a été fait; la décision de ne plus nourrir de ressentiment envers la personne qui vous a offensé; enfin, et c’est sans doute l’étape la plus difficile, la tentative de ressentir de la compassion pour elle ».

Des étapes que nous pouvons comprendre facilement en nous rappelons ce que la science a déjà découvert sur notre cerveau et la mécanique de la rancœur jusque-là.

Il a été démontré, en effet, que notre mémoire stocke beaucoup plus rapidement les mauvaises expériences, le cerveau étant paramétré pour la survie et, par conséquent, accordant beaucoup plus d’importance à tout ce qui pourrait le menacer qu’au reste.



D’où le fait qu’après avoir été offensé, nous entrons dans une phase de ressassement qui diabolise l’autre, tout en activant le circuit de notre souffrance émotionnelle.

Plus ce circuit est stimulé, effectivement, plus il devient puissant et finit par brouiller la réalité, nous condamnant dans le piège de la rumination !

Des pensées négatives qui activent encore et encore les capteurs de douleur dans notre cerveau, à tel point qu’à la fin, la souffrance que nous ressentons n’est plus directement liée au mal que l’on nous a infligé, mais à nos propres pensées. En gros, un cercle vicieux qui nous plonge dans les affres du ressentiment.

Sauf qu’à l’heure actuelle, de nombreuses études ont déjà montré que ce dernier altère notre santé cardio-vasculaire, appauvrit la qualité de notre sommeil, tout en stimulant la production d’hormones du stress, dont le cortisol.

Des conséquences physiques associées dans le temps avec le développement de dépression.



Il est donc recommandé de réagir différemment en décidant de passer l’éponge et nous soulager en abandonnant notre rancune.

Une décision qui a un grand effet sur le cerveau, en effet, au vu des résultats d’une observation par imagerie à résonance magnétique (IRM), faite par l’université de Pise (Italie), sur les cerveaux de volontaires en situation de pardon.

Selon cette étude, lorsque nous pardonnons, nous stimulons le cortex préfrontal dorsolatéral (une zone qui régule les émotions) mais aussi le cortex inféropariétal et le précuneus ( régions liées à l’empathie).

Un acte qui nous permet de réévaluer l’événement traumatisant en des termes plus positifs, ou, en tout cas, moins négatifs, grâce à ce que les scientifiques nomment la “théorie de l’esprit”, soit notre capacité à imaginer les pensées de l’autre. Cette dernière a sans doute été développée par l’Homme au cours de son évolution, selon la science.

Pour le chercheur en psychologie Michael McCullough, par exemple, le pardon ferait partie d’une stratégie double de survie mise progressivement en place par nos ancêtres, lesquels auraient compris que pour maintenir les membres d’un clan ensemble et ainsi pouvoir mener à bien des projets collectifs, chasse ou conquête, il fallait savoir punir les contrevenants tout en passant l’éponge de temps en temps.



Peu à peu, le pardon est devenu une faculté mentale, le cerveau ayant probablement fini par mettre au point une sorte de cicatrisation émotionnelle (à la manière de ce qui se passe pour la peau en cas de plaie), pour éviter notre autodestruction par le stress du ressentiment et ses effets sur notre santé.

”C’est un processus cognitif et émotionnel qui élimine l’hostilité chronique, les ruminations et leurs effets négatifs: une stratégie positive pour surpasser une situation qui sinon constituerait une source majeure de stress d’un point de vue psychologique et neurobiologique”, écrivent ainsi les chercheurs de l’université de Pise dans leur étude, appuyant les affirmations de nombreux scientifiques selon lequel il y a un lien clair entre pardon et santé sur le long terme.

En 2007, Robert Enright a par exemple démontré dans une étude que les personnes souffrant de maladies coronariennes pouvaient voir leur état s’améliorer après avoir suivi une thérapie spéciale. Par ailleurs, plusieurs autres chercheurs évoquent également un meilleur système immunitaire ou une tension plus saine.

Néanmoins, il a aussi été démontré qu’il est possible pour certains individus de pardonner plus facilement, et plus spontamément, à cause de la… biologie !

Selon Thomas Baumgartner, auteur de l’étude en question, certaines personnes sont plus « capables de pardon » que d’autres, car les zones de leur cerveau chargées de la théorie de l’esprit, contenaient plus « de matière grise et blanche » !

Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il est également possible d’apprendre à pardonner.



”Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est possible de décider de pardonner, un peu comme on décide de s’abonner à un club de sport, car le pardon nécessite de la volonté mais aussi beaucoup de travail”, soutient ainsi Robert Enright, lequel a mis au point une méthode à suivre pas à pas, le process model of forgiveness (“modèle de processus du pardon”), qui décompose les étapes du pardon et amène à stimuler les zones cérébrales en jeu.

Pas de baguette magique, néanmoins: pardonner est un processus intime qui peut prendre du temps, suivant la gravité du mal accompli.

Mais comme, en plus de nous libérer de la prison du ressentiment, le pardon booste les émotions positives (comme la compassion, l’espoir, l’empathie), pour être plus heureux, pourquoi ne pas essayer ?

Comme le cerveau est très plastique, il existe une astuce simple et très efficace, par exemple, pour booster les matières grises chargées dans notre “système de mentalisation” ou “théorie de l’esprit” et stimuler notre capacité d’empathie : la méditation.

“ Celle-ci compte plusieurs techniques qui ont un impact important sur le fonctionnement et la structure du cerveau en augmentant la densité de matière grise dans ces régions cérébrales”, soutient en effet le neuroscientifique Thomas Baumgartner, en conclusion.

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Mots clés : psychologie | sciences | psycho | pardon | cerveau
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